Par Patrick Cingolani
Dans le contexte récent, l'emprise d'une représentation consensuelle des rapports sociaux a largement érodé la politique; et, à tout le moins, en a annulé les dimensions agonistiques, polémiques. Parallèlement à cette représentation pacifiée de la vie collective et à cet effet d'usure du politique, la question de la violence et du mal comme expériences traversant les relations entre les hommes a fait chez certains l'objet d'une liquidation quasi-totale.
Par une sorte de singulier regard sur les causes de la barbarie dans l'histoire on a parfois cru voir qu'avec "l'effacement des déchirements de l'âge révolutionnaire", "le renoncement aux perspectives insurrectionnelles violentes", nous serions rentrés dans des sociétés vidées de leurs tensions, résolument livrées à l'indifférence et à la désaffection. Comme si, la violence ne tirant son principe que des promesses révolutionnaires, des utopies et des eschatologies, la fin de celles-ci nous mettait à l'abri des convulsions et des corruptions.
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